Paris, 18 mai 2010
Mes chers Collègues,
Dans le Tarn, où naquit Emile Combes, partisan intransigeant de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, un maire peut-il donner la parole au prêcheur d’un Islam fondamentaliste, réactionnaire et intégriste ?
Je ne le crois pas. Ni dans le Tarn, ni en France.
Et c’est pourtant ce qu’a fait le maire de Graulhet, comme président du conseil municipal des jeunes, en accueillant Tariq Ramadan.
Pire qu’une faute, c’est une injure contre la République.
Tariq Ramadan est un intellectuel, de nationalité suisse, aussi dangereux que brillant. Il nous parle avec les mots de liberté, de respect et de fraternité. Les naïfs l’imaginent en pacificateur et en passerelle entre le monde musulman et le nôtre. La réalité est toute différente.
Pour lui, les femmes doivent se voiler en signe de soumission, la lapidation des femmes adultères faire l’objet d’un « moratoire » et non d’une condamnation absolue ; il s’est toujours gardé de condamner le terrorisme et soutient toutes les formes de ségrégation entre les hommes et les femmes, entre les croyants et les non-croyants : revendications d’horaires de piscine séparés pour les femmes, polygamie, notamment parce qu’elle « empêche la misère des femmes seules » dit-il, salles de prière dans les écoles, les universités et les entreprises, port du voile intégral sur la voie publique, service public, en particulier hospitalier, assuré par des fonctionnaires du même sexe, enseignement de l’Islam dans les garderies…
Tout cela, est diffusé par des vidéos au moyen de ses réseaux, qui « ciblent », en particulier, les jeunes. Bien qu’il s’en défende, il fait bien partie des « Frères musulmans », une confrérie secrète créée en 1928 par son grand-père, Hassan el-Banna, en Egypte. Son chef spirituel, le cheikh Qaradawi, considère que les apostats, ceux qui abandonnent la religion musulmane, mais aussi les homosexuels, doivent être physiquement exterminés. Ramadan est lui-même administrateur de la branche européenne de cette confrérie, le Centre islamique de Genève.
Mes chers collègues,
Nos idées sont aussi variées que nos territoires, nos engagements personnels nous ont parfois conduits à l’affrontement, mais la République nous rassemble, comme elle nous ressemble. Nous partageons le même attachement à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat et à nos principes constitutionnels selon lesquels les choix intimes doivent être protégés.
Mais la loi républicaine s’impose dans toutes les formes d’expression ou d’activité publiques. Que le musulman soit français ou étranger, il doit se soumettre, comme chacun de nous, aux lois de la République et au principe de laïcité. Ramadan affirme qu’il faut adapter la laïcité aux minorités musulmanes. II ne faut cesser de dire à nos concitoyens, comme aux étrangers habitant notre territoire, qu’il n’en sera jamais question, et que si la laïcité s’est construite au siècle dernier dans la discorde, elle est devenue aujourd’hui le meilleur et peut-être le dernier des remparts des valeurs républicaines, comme de la paix publique.
En 2014, le fils d’un conseiller municipal de Graulhet est arrêté dans le cadre d’un coup de filet antijihadiste.

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